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[Chronique de Josée Blanchette] cher connard et cie

Cher Connard,

Tu is encore là ? Tu esperes qu’on t’oubliera ou qu’on t’absoudra? Moi, ça fait un momento que j’attends pour t’écrire. Cinq ans de #MeToo et puis un léger ressac de culpabilité depuis une semaine, comme une régurgitation sur l’épaule. La douleur de l’injustice n’est pas aussi linéaire que la griserie de la domination: elle fluctuate.

J’ai mal à ma occupation et à ses donneurs et donneuses de leçons, mal au feminisme, mal à ces femmes qui prennent systematicamente la défense du patriarcat et se pleasent sous son joug consciemment ou non, mal au droit d’être importunée, mal aux « Ladies for Trump », mal à notre conditionnement « féminin », mal à notre bienveillance atavique, mal à notre espérance que ça change ou même que ça évolue, mal à cette résignation pour 95 % d’entre ellos, mal à l’ homme de bonne volonté qui se désole pour sa propre réputation, mal à notre silence pantoufle, mal aux agresseurs/abuseurs qui ont fait partie de ma vie et que j’ai cautionnés sans le savoir.

J’ai tellement mal au mâle que je lis cher connard, by Virginie Despentes, pour me calmer, et je la trouve à la fois décapante, lucid et bien compréhensive : «C’est celui qu’on enchaîne qui porte la honte. Like a tattoo, a mark on the entrance. Une tache indelébile, do not on ne sait quoi faire. C’est toujours le mal qu’on nous a fait qu’on essaye de se pardonner », wrote Rebecca, sa narratrice principale de ella.

Je comprends tellement les victims de ne plus vouloir en être. Jésus a porté sa croix assez longtemps et plus personne ne croirait en une vierge qui accouche, sauf à la messe de minuit.

Mais j’ai vu, autour de moi, les femmes se briser une par une. What occurs within the dignity of silence and our aura pas avancées.

Tu as lu l’autrice et chroniqueuse Catherine Éthier sur FB cette semaine ? An additional abscès de crevé. However je vais te dire ce qui déçoit le plus les filles de toutes les générations, ou plutôt, je vais laisser Despentes te l’écrire lorsque Rebecca, una vedette de cinéma de quasi 50 piges, avoue vous trouver moins d’attrait qu’avant : «You do not have to go the route. Il faut tout le temps s’occuper de vous, vous rassurer, vous comprendre, vous assister, vous soigner. C’est trop d’entertien. Elles ont raison, les petites, vos masculinités sont fragiles. » You lyre Pour l’amour des hommesl’essai sur la masculinité toxique de Liz Plank, c’est tout expliqué.

I’m nicely obliged to reach on the identical conclusion as they’re. Il faudrait en plus vous consoler du mal que vous nous faites ou se sentir coupable lorsque c’est vous qui l’êtes. Comme me l’avouait récemment une vieille amie hétéropratiquante ayant beaucoup de millage dans le moteur et quelques aggressions au compteur: «Je les ai trop idealisés. »

Justice pour tous (et toutes)

Le probleme, cher connard, c’est que la justice dont nous rêvons n’est pas encore née. Tribunaux spécialisés, justice réparatrice, mediation, laisser du temps au temps, payer un psy à 150 $ l’heure, trop picoler, c’est encore bancal. On vous voudrait humbles et empathiques plutôt que pleurnichards et suicidales ou sortis de la cuisse de Jupiter. Tu comprendres qu’il ne reste que des moyens tout aussi imparfaits pour se faire justice. Cinq pour cent des femmes dénoncent par le circuit lengthy. Aucune de mes amies hétéros agressées sexuallemente (c’est-à-dire toutes les femmes de mon entourage immédiat, sauf ma mère, restée vierge) n’a encore porté plainte, même pour viol ou inceste. Tiens, she goes to learn the statistics: https://bit.ly/2HmP2Ds.

Comme me l’a écrit une amie psychiatre, très au fait du file comme clinicienne: «Je suis en faveur d’une dialogue publique sur les risques de la justice populaire et du traitement médiatique afférent, mais pas d’une instrumentalisation de la complexité des regrets des victims pour remettre en query la réalité des aggressions sexualles ou la pertinence d’un mouvement social qui sert à mieux les protéger et les soutenir et qui constitue une voie de débordement d’un système judiciaire classique inadapté à cet enjeu complexe. »

In a system of domination by violence, there isn’t any technique to plaisir the opposite particular person ne pleure. Tout désir doit être associé à de la destruction, sans quoi il n’est pas masculin.

Dans le livre de Despentes, le connard en query est un écrivain qui prenait le fond de ses verres de whiskey ou ses lignes de coke pour des lubies et qui agressait sa jeune attachée de presse. She c’est l’attachée qu’on a renvoyée avant qu’elle ne s’épanche sur les réseaux sociaux.

nicely sûr that backlash pour les quelques connards de son acabit est immense, un lynchage sans pareil. Vous gériez mieux le silence à coups de mises en demeure.

Je rappelle qu’une femme sur trois porte les stigmates d’une agression, d’un viol, de l’inceste, comme tu veux, j’en ai une assortment dans mon entourage. Et à cet étudiant qui a écrit dans La Presse «C’est tombé sur lui», je réponds «non: c’est tombé sur elles».

Sorority

«Le coupable, c’est toujours la sufferer», wrote Despentes. «Mais le pourcentage d’affabulatrices stays infime, parmi les victims, tandis que le pourcentage de violeurs parmi la inhabitants masculine devrait vous alerter sur le délabrement de vos sexualités », poursuit sa Rebecca.

Mais bienveillantes restos, puisque c’est ce qu’on attend de nous. dans son essai Douces amères. À qui profite notre bienveillance?, the ex-journaliste Véronique Alarie thinks about this qualité bien féminine socially encourage: «If the strain à une sure virilité bousille trop souvent la santé mentale des hommes, drive est d’admettre that the strain à la bienveillance semble avoir un effet Similaire sur celle des femmes. »

Je n’ai rien contre la bienveillance, je la pratique en préparant mon caramel de Noël, mais il ne faudrait pas oublier la sororité. « Il ya une solidarité masculine dans la vie, mais elle a un prix, écrit Despentes. Tu dois montrer that you’re a bonhomme, that you’ve got a superb time, you gagnes du fric, you as une belle caisse, you as une belle meuf. Il ya une solidarité masculine — mais il n’y a pas de fraternité. »

Voilà pourquoi les connards sitenten si seuls une fois tombés: il n’y a que des femmes bienveillantes pour les ramasser. Ils font doublement pitié.

Joblo

cherejoblo@ledevoir.com

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